Connaître, Comprendre et Combattre l'exploitation sexuelle

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Non à la réouverture des maisons closes, oui à la pénalisation du client

La prostitution est en soi une violence sociale intolérable qui entraîne les violences les plus graves sur les personnes les plus vulnérables. Elle s'appuie sur l'inégalité entre les hommes et les femmes et perpétue cette domination dans les pires conditions. Un récent rapport du Parlement européen de septembre 2008 montre les graves dangers qu'entraîne la prostitution sur la santé des personnes prostituées et les risques qu'elles encourent bien avant l'âge adulte.
 
La prostitution est un système d'exploitation qui profite au proxénétisme et aux réseaux mafieux de la traite des êtres humains qui l'alimente largement en utilisant l' argent des "clients" prostitueurs objectivement complices du système.

Or ce phénomène augmente de manière rapide et inquiétante en Europe non seulement dans les pays, comme l'Allemagne et les Pays -Bas, qui ont une législation favorable au proxénétisme mais aussi dans les pays qui, comme la France, combattent le proxénétisme .

La Fondation Scelles estime qu' aujourd'hui la lutte contre le proxénétisme ne suffit pas et qu'il est temps de suivre l'exemple de la Suède, depuis 1999, et de la Norvège, depuis 2009 qui ont décidé de pénaliser l' achat d'actes sexuels pour faire reculer et disparaître la prostitution et la traite des êtres humains en vue de la prostitution.

En sanctionnant la demande prostitutionnelle afin de la dissuader effectivement la France poursuivrait et achèverait la démarche qu'elle a entamée en 2002 et 2003 par la pénalisation des clients de prostitué(e)s mineur(e)s ou vulnérables, elle complèterait ainsi sa politique répressive du proxénétisme et la rendrait plus cohérente et plus efficace.

Ne rien faire pour dissuader et sanctionner la demande prostitutionnelle reviendrait à laisser se développer, se banaliser et se diversifier la prostitution. La Convention de l'ONU du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, ratifiée par la France en 1960, déclare solennellement " la prostitution et le mal qui l'accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et mettent en danger le bien-être de l'individu, de la famille et de la communauté..."

La demande prostitutionnelle fait partie intégrante de l'exploitation de la prostitution d'autrui, contre laquelle les Etats sont appelés à lutter, elle en est la cause, la conséquence et la condition même. C'est pourquoi il convient de la réduire résolument par une action soutenue de dissuasion et de sanction conforme aux engagements internationaux que la France a pris dans les conventions internationales de Palerme en 2000 et de Varsovie en 2005 .

Une telle action doit comporter des mesures législatives de sanction pénale des "clients" de la prostitution et s'inscrire dans une politique globale de lutte contre le proxénétisme, de prévention de la prostitution, d' information et d'éducation du public, d'aide aux victimes et de reclassement des personnes prostituées, renforcée et de longue durée. 
 
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connaître, comprendre et combattre l'exploitation sexuelle

>> Un constat alarmant

 
20 millions de personnes seraient touchées par la prostitution à travers le monde. En Europe, la prostitution rapporte 30 milliards d’euros par an aux proxénètes.


La prostitution est le 3ème trafic mondial

après la drogue et les armes

>> L’Europe, au cœur du trafic

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Les Pays-Bas et l’Allemagne ont légalisé la prostitution et militent fortement dans les instances internationales pour imposer leur conception réglementariste qui font des proxénètes de véritables entrepreneurs.
À l’inverse, les pays abolitionnistes comme la France tolèrent la prostitution mais en refusent toute réglementation (qui reviendrait à en faire un métier), et répriment les proxénètes. Ils ne veulent pas pénaliser la personne prostituée afin de faciliter sa réinsertion dans la vie sociale.
   
 
 

>> Traite et prostitution : quelles réalités ?


  • 79% des victimes recensées de la traite sont destinées à l’exploitation sexuelle, selon le rapport 2009 de l’UNODC (United Nations Office on Drugs and Crimes).

  • 80% des personnes prostituées sont entre les mains des proxénètes. Elles sont trompées par de faux emplois de serveuses, de danseuses, de jeunes filles au pair ou directement recrutées à travers des agences matrimoniales. Leurs méthodes de recrutement sont souvent violentes et inhumaines. Si certaines savent qu’elles vont devoir se prostituer pour vivre, aucune ne soupçonne la violence qui les attend et le niveau d’esclavage auquel elles vont être réduites.
 

 
lutte contre l'exploitation sexuelle