Idées reçues

 

Dites « prostitution », et l'on vous répondra aussitôt : « plus vieux métier du monde », « mal nécessaire », « liberté de son corps »... Ces expressions sont encore aujourd'hui largement utilisées. Quelle réalité veut-on cacher derrière ces clichés faciles ?

 

C'est le plus vieux métier du monde.

pousse baisseUne telle assertion tente de légitimer la prostitution en l'enracinant dans l'histoire et de clamer son caractère « naturel». Pourtant, la prostitution n'a pas toujours ni partout existé. Dans les sociétés primitives ou traditionnelles, la prostitution est inconnue. Et dans l'Antiquité, la prostitution avait une dimension sacrée sans rapport avec le système prostitutionnel que nous connaissons.

 

Et quand bien même la prostitution serait « le plus vieux métier du monde », est-ce une raison pour l'accepter ? Excuse-t-on le viol, l'inceste, la violence conjugale, le meurtre et la barbarie sous prétexte que ces comportements existent depuis la nuit des temps ?

Se prostituer est un choix ! 

pousse baisseCertaines personnes prostituées proclament en effet la liberté de vendre leur corps. Il s'agit d'une minorité de personnes, largement médiatisée, qui masque le sort d'une majorité condamnée au silence : des femmes enlevées, mises de force sur le trottoir, prisonnières des réseaux criminels ou résignées... Dans ce cas, la prostitution est une violence évidente et reconnue par tous.

 

Et pour les autres ? Quelle est la réalité de la liberté de choix invoquée par certaines ? « L'engagement dans la sexualité vénale n'est jamais un acte volontaire et délibéré, écrit le sociologue Lilian Mathieu. Produit de l'absence de moyens alternatifs d'existence, il résulte toujours d'une contrainte ou, au mieux, d'une adaptation résignée marquée par la détresse, le manque ou la violence ».

Il n'est pas de notre ressort, et ce n'est pas notre intention, de porter un jugement moral sur les démarches personnelles de chacun, mais nous rejetons cette complaisance collective vis-à-vis de la prostitution qui permet à notre société de se donner bonne conscience et de ne pas remettre en cause ce qui est une honte, une impasse.

 

CE N'EST PAS PAR CHOIX, MAIS PAR ABSENCE D'AUTRE CHOIX, QUE CERTAINES PERSONNES SE PROSTITUENT !

 

La prostitution est un « mal nécessaire ».

pousse baisseC'est l'un des lieux communs les mieux ancrés dans les consciences collectives. Au Ve siècle, saint Augustin écrivait : « les prostituées sont dans la cité ce qu'un cloaque est dans le palais. Supprimons le cloaque et le palais deviendra un lieu infect. Supprime les prostituées, les passions bouleverseront le monde ». En 1836, le Dr Parent-Duchâtelet affirmait à son tour : « les prostituées sont aussi inévitables dans une agglomération d'hommes que les égoûts, les voiries, les dépôts d'immondices... ».


La prostitution est donc considérée comme un mal par la société, mais un mal que l'on admet parce que la prostitution servirait d'exutoire à toutes les souffrances, toutes les perversions, et tous les fantasmes. Il faut pourtant s'interroger : peut-on sacrifier une catégorie de femmes afin de préserver« l'ordre » de la société ?

 

La prostitution prévient le viol.

pousse baisseCe qui voudrait dire que les clients de la prostitution sont tous des violeurs potentiels! Les motivations qui animent le violeur et le client de la prostitution sont différentes.Et considérant le nombre d'agressions sexuelles et de viols commis dans nos sociétés, il est évident que la prostitution ne prévient pas le viol... Au contraire ! La prostitution « agit comme une invitation à la violence sexuelle, explique la journaliste et militante Claudine Legardinier, en confortant l'idée que le corps de l'autre, en l'occurrence le corps de la femme, est un objet public que tout homme peut légitimement s'approprier, par la contrainte ou par l'argent ».

Les hommes ont « des besoins sexuels irrépressibles » que la prostitution doit satisfaire.

pousse baisseLa prostitution repose sur l'idée que le désir masculin nécessite une satisfaction immédiate et que des corps féminins doivent être mis à disposition à cet effet. C'est une des raisons qui font de la prostitution un « mal nécessaire » !

Psychologues et sexologues contestent cette conception purement imaginaire de la sexualité masculine. « Il n'y a pas de besoin sexuel ni de désir irrépressibles (...), écrivent les psychologues Suzanne Képès et Philippe Brenot, mais plutôt des personnalités exigeantes ayant du mal à gérer leurs pulsions et à accepter la frustration... La prétendue nécessité de l'évacuation périodique du sperme n'est nullement une obligation ».

L'idée d'un désir masculin irrépressible n'a donc aucun fondement scientifique et résulte d'une conception fondamentalement inégalitaire des rapports entre les hommes et les femmes. « Dès l'enfance, on assigne les individus à leur sexe, affirmait récemment l'anthropologue Françoise Héritier au quotidien Le Monde. On crée ainsi deux manières d'être : l'habitude de la frustration pour les femmes et la satisfaction immédiate et jugée normale des pulsions pour les hommes ».

 

 

La prostitution en bref...

 

Définition

art prost brefIl n'y a pas de définition officielle de la prostitution qui fasse consensus. La plus couramment admise est le fait de livrer son sexe et son corps à autrui contre de l'argent. Mais ça peut être aussi contre des biens comme un logement, des cadeaux, de la nourriture, ou en échange d'une reconnaissance dans un groupe.

C'est aussi de commercialiser de façon légale ou illégale des services et/ou des produits sexuels et d'exploiter le corps humain, plus particulièrement celui des femmes et des enfants, dans un but lucratif. C'est aussi un système qui organise l'exploitation et l'appropriation du corps de femmes, d'enfants, et de plus en plus souvent d'hommes.

Les visages de la prostitution sont multiples : ce sont des victimes d'exploitation et de réseaux, des mères de famille en situation de précarité, des jeunes filles étudiantes, des enfants, des hommes... qui se prostituent dans la rue, sur internet, dans des bars, des saunas ou des salons de massage, sur le bord des routes... Les situations sont diverses. Pourtant, quels que soient les contextes politiques, économiques ou culturels, toutes se rattachent à un seul et même phénomène : l'exploitation sexuelle. Et de Paris à New York, de Calcutta à Marrakech, de Kiev à Bangkok, ce sont les mêmes réalités et les mêmes menaces qui sont en jeu.

 

Un univers de violences

La prostitution est un monde violent, un monde « où il faut constamment être sur ses gardes, où on apprend à vivre avec la peur, donc la peur devient un mode de fonctionnement » disent les personnes prostituées. Le danger y est constant. La violence sous toutes ses formes, de l'insulte à l'agression physique la plus grave, peut intervenir à n'importe quel moment et venir de n'importe qui : un passant, une autre prostituée, une bande de jeunes, un client, le proxénète...

Des chercheurs canadiens ont montré que les personnes prostituées couraient entre 60 et 120 fois plus de risques d'être battues ou assassinées que le grand public et qu'elles connaissaient un taux de mortalité 40 fois supérieur à la moyenne nationale. Dans une étude australienne (où l'exercice de la prostitution est légalisé), 81% des personnes interrogées ont déclaré avoir subi des sévices sexuels pendant l'exercice de leur activité. A Glasgow, 94% des personnes prostituées de rue interrogées ont subi une agression sexuelle, 75% ont été violées par un client.

La peur des représailles, les menaces exercées sur la famille, le poids du remboursement de la dette, la surveillance et le contrôle permanents sont autant d'éléments de pression à disposition des trafiquants et des proxénètes. Du côté du client, la pression ou la ruse mise en jeu pour obtenir un rapport non protégé, ou pour ne pas payer (ou payer une somme inférieure à celle demandée) sont autant d'agressions à l'égard de la personne prostituée.

A ces mauvais traitements, tortures et violences psychologiques venant des proxénètes ou des clients, s'ajoute une autre violence, plus symbolique : la stigmatisation et le mépris infligés par la société.


Mondialisation

La prostitution est aujourd'hui un phénomène qui dépasse les frontières. Ce sont des flux d'êtres humains qui vont d'un pays à un autre, d'un continent à un autre pour être prostitués ou pour acheter du sexe.

Des femmes, des enfants, et des hommes aussi, poussés par la détresse et l'espoir d'une vie meilleure, quittent leur pays d'origine et tombent entre les mains de trafiquants qui les exploitent aux quatre coins du monde. Au Cambodge par exemple, les personnes prostituées viennent de Chine, du Vietnam mais aussi d'Europe de l'Est. L'Australie, considérée comme un centre renommé de prostitution asiatique, propose des femmes originaires de Thaïlande, Malaisie, Corée du Sud, Chine. Le Canada reçoit des victimes en provenance d'Asie, d'Afrique, des Caraïbes, d'Amérique Latine et d'Europe de l'Est. En France, en 2011, le démantèlement d'une quarantaine de réseaux criminels à Paris, Caen, Bordeaux ou Strasbourg a permis de sauver des victimes colombiennes, chinoises, équatoriennes, nigérianes, roumaines...

Grâce au développement des technologies numériques, les mécanismes de la prostitution se dématérialisent. Dorénavant, le racolage se fait par téléphone portable ; les réseaux sociaux servent d'espaces de rencontre pour sexe tarifé ; l'acheminement des victimes à travers le monde passe par le recours systématique aux échanges numériques.


Marchandisation

Mondialisée, la prostitution est devenue un marché économique. Un marché très « porteur » : selon des estimations, le chiffre d'affaires de l'industrie du sexe s'élèverait à plus de 1,5 milliard en Grèce (soit environ 0,70% du PIB du pays), plus de 2 milliards d'euros en Fédération de Russie, jusqu'à 18 milliards d'euros en Espagne...

Loin d'appartenir à une économie parallèle, les profits de la prostitution rejaillissent sur la société toute entière. Des milieux très divers en tirent bénéfices : agences de voyage, bars et hôtels, taxis, mais aussi publicitaires, patrons de presse, producteurs de sites internet, médias divers... Peut-on s'étonner alors que des Etats et des municipalités cherchent aussi à obtenir leur part du « pactole » ? En 2011, en Allemagne, Bonn, après Francfort et Cologne, a proposé la taxation de la prostitution : la « sex tax » rapporte chaque année entre 800 000 et 1 million d'euros à la ville de Cologne. 

La prostitution, le monde des affaires, le pouvoir entretiennent d'ailleurs des liens complexes que l'actualité de 2011 n'a cessé de rappeler. Pensons à l'affaire du Carlton de Lille qui, sous le dehors du libertinage, met en cause Dominique Strauss-Kahn et une des premières entreprises françaises de travaux publics. Pensons au procès de Silvio Berlusconi pour recours à la prostitution de mineures, en Italie. Pensons au scandale « sexuel » qui a éclaté en Allemagne en 2011, éclaboussant le monde de l'assurance : une très célèbre compagnie d'assurances récompensait ses meilleurs employés en leur offrant des orgies sexuelles...

Les efforts des Etats qui voudraient endiguer cette évolution rencontrent de fortes difficultés. L'Espagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Argentine en particulier, se battent contre les annonces à caractère sexuel publiées sur les sites internet ou dans la presse. Des rapports ont été faits, des propositions de lois sont envisagées ou ont été adoptées. Mais ces mesures se heurtent à de fortes oppositions. En Espagne, le gouvernement hésite à trancher le débat et aux USA, les annonces de la plateforme Craigslist, fermée en 2010 à cause de la prolifération des offres à caractère sexuel, se sont déplacées vers un autre site, considéré aujourd'hui comme le plus grand forum pour trafic sexuel de mineures.

 

Banalisation

Partout, ce sont les mineurs ou très jeunes majeurs qui sont les premiers touchés par les développements de la prostitution. Aujourd'hui, le phénomène frappe autant des pays d'Asie du Sud-Est, d'Europe que d'Amérique du Nord.

Les Etats-Unis ont découvert avec effroi l'importante prostitution enfantine qui sévissait dans plusieurs de ses Etats ; l'Allemagne et les Pays-Bas luttent contre le développement alarmant de l'exploitation des mineures sous la coupe de «loverboys» ; en Inde, la prostitution de luxe est devenue un véritable business high-tech organisé par de jeunes professionnels de l'informatique, qui exploitent des adolescentes et des étudiantes ; en Pologne, un nombre alarmant d'adolescentes de milieu social aisé se prostituent dans les grands centres commerciaux pour s'acheter des biens de consommation....


La société banalise le phénomène en l'affublant de surnoms charmants et d'une image glamour chatoyante. On parle de sugarbabies, de sugardaddies... Et la jeune Zahia, qui a marqué l'actualité par ses relations tarifées avec des joueurs de l'équipe de France de football, est aujourd'hui considérée comme la « Cendrillon des temps modernes » et une icône people ! Ces formes d'euphémismes ne servent qu'à masquer la réalité d'un phénomène : le loverboy est un proxénète qui joue au petit copain amoureux pour mieux exploiter des adolescentes ; le sugarbaby est une très jeune fille entretenue par un homme (ou une femme) d'âge mûr qui finance ses frais d'études, son logement, sa vie quotidienne.... (en Pologne, on préfère désigner cette forme de prostitution par le terme, plus entrepreneurial, de « sponsoring » !).

Pour les adolescents, le sexe devient une monnaie d'échange : ils « troquent » du sexe contre un objet de marque, une dose de drogue... Est-ce vraiment surprenant ? Ils ont été nourris de pornographie, évoluent dans des sociétés qui bombardent en permanence des images mettant en scène la femme comme un objet sexuel. Dans ce contexte, le commerce du sexe est banalisé et la prostitution apparaît de plus en plus comme un recours possible, sans conséquences et presque « naturel » pour se procurer un bien ou de l'argent.


 

La prostitution par pays

 

etiquette carto prostLa Fondation Scelles a effectué une recherche sur 54 pays à travers le monde afin d'établir un état des lieux actualisé de la situation de la prostitution.

Si les visages de la prostitution sont multiples et si les particularismes culturels sont un facteur primordial de notre analyse, nous avons décidé de mettre à disposition du grand public des fiches pays synthétisées avec des informations statistiques, législatives et des renvois vers des documents d'études disponibles au CRIDES pour en savoir plus.    

 

 

b plein ecran Carte consultable en plein écran

 

info icon Marqueur pour obtenir la fiche d'information du pays

 

LIEN vers la cartographie mondiale

 

Le proxénétisme en bref...

 

Définition

La plupart des législations distinguent deux formes de proxénétisme.

- le proxénétisme direct, défini comme le fait « d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ; de tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution; d'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la prostitution ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle se prostitue ou continue à le faire. »

- le proxénétisme indirect qui consiste à fournir en connaissance de cause des locaux publics ou privés à des personnes se livrant à la prostitution. Le proxénétisme immobilier est une part importante du proxénétisme. Il a de multiples visages : cabarets, restaurants, boîtes de nuit, clubs privés, bars à hôtesses... Même le simple fait de prêter une camionnette à une personne prostituée relève du délit de proxénétisme.

Les réseaux criminels de la prostitution

En Europe, les petites structures, presque familiales, côtoient les organisations criminelles de haut niveau qui s'impliquent dans des formes sophistiquées de traite et disposent de complicités haut placées dans le monde politique et diplomatique. Des groupes de moindre importance peuvent coopérer avec d'autres grands groupes impliqués dans plusieurs formes de trafics.

 

Quelle que soit leur taille, ces réseaux sont mobiles, perfectionnés et structurés. C'est là leur première force. Les réseaux albanais, par exemple, font ainsi fonctionner des groupes criminels de 4 à 10 personnes, constitués à partir de liens claniques, géographiques ou familiaux comme de véritables entreprises (étude de marché, rationalisation de l'activité, spécialisation des tâches...). Ces groupes sont contrôlés par secteurs géographiques ou secteurs d'activité avec, à la tête de l'organisation, le conseil et son chef qui supervisent l'ensemble et définissent les grandes orientations de l'activité criminelle.

 

Des intermédiaires différents interviennent à chaque étape de l'exploitation des femmes : des recruteurs, des agences en tous genres, des producteurs de site internet, des publicitaires, des agences de voyage, des hôtels, des restaurants, des "placiers" qui gèrent les emplacements sur les trottoirs, des "videurs" chargés de la protection des filles, parfois des "racoleurs" (patrons de bars, concierges d'hôtels et autres chauffeurs de taxi...).

 

Face à une structure d'une telle complexité, il est généralement difficile de
remonter vers les responsables. D'autant que, grâce aux téléphones mobiles et à l'usage d'internet, les proxénètes peuvent gérer leurs affaires loin du champ des opérations, sans risquer d'être repérés.

La situation en France

La France dispose de l'arsenal juridique le plus répressif en matière de lutte contre le proxénétisme. Si la prostitution est libre, l'exploitation de la prostitution est, pour sa part, sévèrement réprimée. La répression du proxénétisme présente la particularité de sanctionner une activité par référence à une activité qui n'est pas en elle-même illégale.

Les articles 225-5 à 225-12 du code pénal répriment l'ensemble des formes actuelles du proxénétisme. Le ministère de la justice dans son bilan des condamnations de 2010 fait apparaître 475 condamnations individuelles pour des faits de proxénétisme dont 275 proxénétisme aggravé. Une quarantaine de réseaux internationaux de traite sont démantelés chaque année dont près de 64% concernent les Pays de l'Est et les Balkans.

En 2010, la Direction des affaires criminelles et des grâces montre que dans les affaires de proxénétisme aggravé, les peines de prison ferme s'élèvent à 27,2 mois en moyenne. 78% des condamnés ont plus de 25 ans. 28% des personnes condamnées sont des femmes et 56% sont étrangères, toujours en ce qui concerne les faits de proxénétisme aggravé. Le montant moyen des amendes s'élève à 13 080 euros en moyenne.

Si le dispositif juridique relatif aux infractions de proxénétisme semble complet, l'infraction de traite reste à ce jour peu utilisée (3 cas en France en 2009, 3 cas également en 2010). Peu de magistrats utilisent le caractère cumulatif de l'infraction de traite et de proxénétisme. Toutefois, les textes actuels permettent, en théorie, d'incriminer l'ensemble de l'activité de traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle, du démantèlement de la filière au recrutement d'origine.

 

 

Qui sont les clients ?

Profil

Différentes études se sont interrogées sur la possibilité d'établir un profil type du client de la prostitution. Les conclusions ont toutes été les mêmes : IL N'Y EN A PAS !!! Les clients de la prostitution sont de toutes situations familiales, de tous niveaux d'études, de professions et niveaux de revenus les plus divers. Si les personnes prostituées sont en majorité des femmes, la plupart des études montrent qu'à l'inverse, l'immense majorité des clients de la prostitution sont des hommes.

 

Il existe au moins deux groupes d'hommes qui ont recours à des services sexuels : ceux qui ne le font qu'occasionnellement et ceux qui ont des rapports fréquents avec des prostituées. Cette dernière catégorie comprend des hommes qui pour des périodes plus ou moins longues de leur vie d'adulte, se rendent chez des prostituées de façon régulière.

D'autre types de clients existent bien qu'ils soient moins nombreux : des clients recherchant des hommes, ces derniers pouvant être des travestis ; des clients-femmes, de tout âge, et financièrement aisées qui payent les services d'hommes prostitués.

La situation en France

En France, le client est toujours anonyme, toujours invisible, toujours dans l'ombre, toujours libre également. Au regard de la loi, pénalement parlant , les clients n'existent pas. Il faut rappeler qu'en France, le client de prostitué adulte n'est pas puni, seuls sont inquiétés les clients de prostitué(e) mineur(e) ou de personnes en situation de particulière vulnérabilité (enceintes ou handicapées). les clients de prostitué(e) mineur(e) de 15 à 18 ans risquent jusqu'à trois ans d'emprisonnement et une amende de 45 000 €  ; les clients de prostitué(e) mineur(e) de moins de quinze ans risquent sept ans d'emprisonnement et une amende de 100 000 €. Enfin les clients de personnes vulnérables risquent une amende 3750 € et jusqu'à trois ans d'emprisonnement.

Mondialisation

Pas un continent n’est épargné : Budapest, Riga et Kiev sont devenus des destinations du tourisme sexuel au même titre que Bangkok, Goa ou Manille. Et toutes les occasions sont bonnes : salons professionnels, événements sportifs.... En 2011, le Superbowl américain a provoqué une augmentation d’environ 136% du nombre des annonces de prostitution sur un site internet bien connu ! Et, lors du salon annuel des entrepreneurs maritimes de Hambourg, l’offre de prostitution (tout comme les tarifs horaires des chambres d’hôtels) est doublée…

Certains sites internet de clients de la prostitution comptent plusieurs centaines de milliers d'abonnés mettant en commun des informations de clients en Europe, classées par pays et par ville faisant l'apologie de l'exploitation sexuelle, narrant leurs expériences et évaluant les prestations des personnes prostituées.

 

Si l'industrie du sexe se porte bien, c'est grâce aux clients. Beaucoup de pays, même ceux qui ont légalisé la prostitution, reconnaissent que c'est la demande qui crée l'offre et que le client est le premier acteur et responsable de ce système. Aujourd'hui, même si l'on est encore loin d'une prise de conscience collective, le rôle déterminant joué par le client est reconnu et sanctionné par la loi dans plusieurs pays européens.

 

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