Tribunes

Rosen marche pour l'abolition...

126450176Le 3 septembre, Rosen Hicher, survivante de la prostitution et militante abolitionniste, entamera sa marche de Saintes à Paris. Un parcours de 743km pour appeler à la mobilisation contre l'exploitation sexuelle. Rencontre à quelques jours du départ.

 

Quel sens veux-tu donner à cette initiative ?
La proposition de loi sur le système prostitutionnel a été adoptée par l'Assemblée nationale en 2013, elle est maintenant entre les mains du Sénat. Il faut que le texte soit inscrit à l'ordre du jour des débats et que cela avance.

 

Aujourd'hui j'ai des doutes ; j'ai peur que, vu la conjoncture, ce ne soit pas un des sujets importants de la rentrée. Je marche pour dénoncer l'esclavage sexuel et pour appeler le Sénat à agir. La Commission du Sénat a écarté la pénalisation du client. Laisser aux clients le droit de nous acheter, c'est laisser le droit aux proxos de nous vendre. C'est cette phrase qui va me faire avancer. Je la porterai comme un slogan sur un t-shirt.

 

Pourquoi maintenant ?
Il faut remobiliser l'opinion publique, les politiques et les associations sur cette question. Il y a urgence. On se trouve actuellement dans un vide où les femmes sont complètement démunies. Des femmes prostituées au bord du suicide m'appellent. Elles sont dans une situation critique et il n'y a rien pour les aider, pas de moyens financiers, ni humains. Parce que personne ne comprend rien à la prostitution. C'est quelque chose que l'on ne veut pas connaître, parce que personne n'a pris conscience de la souffrance des victimes des réseaux : mises sur le trottoir volontairement ou involontairement, victimes des violences des clients et des proxénètes. Elles ne vivent que dans la violence.

Comment cela va-t-il se dérouler ?
Je pars de Saintes qui fut mon dernier lieu de prostitution, pour faire tous les endroits où j'ai été prostituée, jusqu'à Paris : Saintes, Rochefort, La Rochelle... Niort, Poitiers, Châtellerault, Yssoudun, Châteauroux, Bourges, Vierzon, Blois. Avec des arrêts intermédiaires, parce que je ferai 20 km maximum dans la journée. Départ et arrivée de la mairie de la ville. J'essaierai aussi de rencontrer les maires pour leur remettre notre tribune, "L'Appel des survivantes de la prostitution". Je marcherai tous les jours sauf le mardi, journée de repos, jusqu'au 15 octobre, jour de l'arrivée à Paris, rue du Colisée, où se trouvait mon premier lieu de prostitution.

Comment t'es-tu préparée ?
Le plus dur, ça a été la préparation administrative (les autorisations, la page Facebook, les réponses aux personnes qui me demandent comment ça va se passer). Par contre, pour la marche elle-même, je n'ai aucune appréhension. Je suis marathonienne, j'ai été classée au niveau national. J'ai arrêté dans les années 2000, mais j'avais un vrai entrainement sportif et le corps n'oublie pas. Aujourd'hui je marche encore beaucoup. C'est un plaisir...

Soutenons Rosen dans sa marche en la suivant sur sa page Facebook où, chaque jour, elle postera des photos et le récit "des bons et des mauvais moments", en lui envoyant des messages d'encouragement, en allant à sa rencontre dans les villes de son parcours.

Il faut se mobiliser. Rosen le dit : "Je ne suis qu'une goutte d'eau. Tout le monde doit suivre, je ne peux rien faire toute seule".

 

@Fond_Scelles

La Fondation Scelles dans la presse

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